Terrepaïenne

Cheminement d'une sorcière d'aujourd'hui...

20 juin 2010

Litha - le solstice d'été

Vraiment de dernière minute, je vous le concède, voici un dossier spécial Litha. J'espère que cela pourra inspirer les retardataires n'ayant pas encore de programme pour célébrer le solstice !

Quoiqu'il en soit, je vous souhaite à tous une merveilleuse et lumineuse fête de Litha. Que vos coeurs débordent de joie et d'amour !

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Bien que le meilleur de l’été soit encore à venir, le solstice d’été marque la force des pouvoirs du soleil lors du jour le plus long de l’année. C’est le moment d’emmagasiner la force du soleil avant que les heures de lumière commencent à diminuer au cours des 6 mois suivants. Comme Yule, la fête de Litha comporte un paradoxe : le moment où on célèbre les pouvoirs du soleil à leur apogée est en même temps celui où ces pouvoirs commencent à s’affaiblir. Ce phénomène rappelle une vérité physique et spirituelle essentielle – les fêtes sont des instants éphémères où la roue du changement s’immobilise, outre être elles-mêmes des symboles du flux incessant qui est la nature de toute existence. Le mot « Litha » est censé signifier « roue », bien que ses origines soient obscures. Il se peut qu’il y ait un lien avec une coutume mentionnée pour la première fois il y a 2000 ans, celle de lancer du haut d’une colline une roue enflammée, figurant, à ce qu’il paraît, la descente du soleil à l’apogée de ses pouvoirs. Cette cérémonie comportait un élément de magie blanche, la descente symbolique du soleil pour réchauffer les champs et améliorer ainsi la croissance des cultures dans la saison à venir. Il y a assurément une forte association avec le feu au milieu de l’été – qui, comme Yule, est plus justement appelé « milieu de l’année », alors que les meilleurs moments sont encore à venir. A cette époque, les feux de joie ont été allumés et les torches portées autour des collines pendant quelques 7 siècles, probablement bien davantage, avant toute mention écrite de ces pratiques. Litha est d’habitude célébré au grand air si le temps le permet. Les sorcières se rassemblent la veille (le 20 juin au soir- 20 décembre dans l’hémisphère sud) sur des sites sacrés anciens – pierres levées, cercles et collines – pour observer ensemble le lever du soleil au solstice. Elles ne dorment pas pendant la nuit la plus courte de l’année et se tiennent compagnie en racontant des histoires et en chantant après avoir accompagné de roulements de tambours la descente du soleil à l’horizon. A l’aube, les roulements de tambours recommencent, cette fois-ci pour encourager les efforts du vieux soleil à se lever de bonne heure, à monter haut et à briller longtemps sur le jour le plus long. Le reste de la journée est passé d’habitude dans la nature, en partageant des rituels et de la nourriture ou en récupérant le sommeil perdu.

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Chant du solstice d'été (par J&S Farrar)

« Danse,dame de vie, danse sur le tombeau du Roi Chêne,
Là où il réside la moitié d’une année, dans ton paisible utérus.

Danse,Dame de vie, danse en l'honneur de la naissance du Roi Houx,
Qui a tué son jumeau par amour de la Terre.

Danse,Dame de vie, danse en l'honneur du Dieu Soleil,
Et de ses rayons d’or qui tombent sur les champs et les fleurs.

Danse, Dame de vie, danse avec ton athamé en main,
Que cela incite le soleil à bénir cette terre.

Danse, Dame de vie, danse en l'honneur de la Roue d’Argent,
Où le Roi Chêne se repose et soigne ses blessures.

Danse, Dame de vie, danse en l'honneur du règne du Roi Houx,
Jusqu'à ce que son frère, le Chêne, se lève de nouveau.

Danse, Dame de vie, danse en l'honneur de la lune qui éclaire le ciel
Et en l'honneur des trois noms sous lequels les hommes te connaissent.

Danse, Dame de vie, danse en l'honneur de la terre qui tourne
En l'honneur de la Naissance qui est Mort, et de la Mort qui est Naissance.

Danse, Dame de vie, danse en l'honneur du Soleil à son zénith
Car sa splendeur brûlante, elle aussi, doit mourir.

Danse, Dame de vie, danse pour le cycle de l’année
Qui,bien qu'il change, reste le même. »

(Note : j'ai légèrement adapté ce texte en remplaçant le terme "lady" par le terme "Dame de vie")

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La nuit de litha est un des moments de l’année où le voile entre les mondes est le plus ténu ; ainsi c’est le temps parfait pour entrer en communion avec les esprits de la nature, entrer en contact avec « le petit peuple » afin de demander faveur et protection. En effet, le solstice d’été est un des moments les plus magique de l’année, quand les fées sont très actives et visibles, jouant des farces et même, dit-on, enlevant les jeunes et les beaux pour les conduire dans les collines creuses. Le soleil est à l’apogée de sa force. C’est un point important de transition, de ceux qu’aiment les fées. Les fleurs sont colorées et luxuriantes, un jour radieux semble s’amalgamer au suivant lorsque le crépuscule tardif se fond dans les premiers rayons de l’aube. Le monde naturel n’est jamais aussi accueillant qu’à cette époque. La rose est assurément la fleur la plus sensuelle et, à cette époque, la plus resplendissante. Les roses du jardin sont spécialement susceptibles d’attirer des fées. L’eau distillée à partir des pétales de rose est ajoutée au bain, en demandant aux fées de lui conférer un soupçon de leur magie pour attirer l’amour. Une tisane de bouton de roses est bue pour accroître les pouvoirs paranormaux, un buisson de rose est planté en compagnie d’un ami pour affirmer l’amour qui unit le couple et inviter les fées dans sa vie. Le millepertuis brise tout charme négatif et éloigne la dépression. Pour rester joyeux, il faut en ramasser quelques brins le jour du solstice d’été et les porter constamment. Pour le désir de grossesse, on doit le faire en se promenant toute nue dans le jardin ! On aperçois parfois près des ruisseaux des nymphes aquatiques, sur les rivages, des ondines, ou même la dame du lac montant des profondeurs lumineuses.

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Le solstice d’été est également l’époque idéale pour pratiquer la magie sous toutes ses formes. Les rites magiques associés à la guérison, à l’amour et à la protection sont particulièrement indiqués.

Je vous propose tout d’abord une visualisation axée sur un travail de guérison :

« Voguer vers Avalon »

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Vous vous tenez sur un rivage, le regard dirigé vers une île. C’est le soir, et au-dessus de vous la pleine lune apparaît. Tout est immobile dans l’air pâle pourpré, et les bruits du soir sont magnifiés…un hibou hulule doucement d’un bois voisin…clapotis de l’eau à vos pieds…battements d’ailes blanches de papillons de nuit dans le pourpre crépuscule, et en regardant l’île par-delà les flots, vous voyez qu’elle est à demi-cachée par une brume, et que la lune brille à travers cette brume, créant une pellicule de blanc autour…lumière opalescente qui semble venir d’un autre monde…et maintenant de la brume tourbillonnante, vient quelque chose qui se dirige vers vous…c’est un petit bateau, et il glisse rapidement mais sans à-coups vers le rivage, mais il n’y a personne à bord. Il semble animé par une volonté magique propre. Vous regardez fasciné le bateau s’approcher de l’endroit même où vous êtes, sur le bord du rivage, et vous savez, alors qu’il vient mouiller, s’agitant doucement sur l’eau, qu’il est venu pour vous. Vous montez avec légèreté dans le bateau, et vous vous asseyez au milieu du banc de bois, sentant son léger bercement, et puis il se stabilise, tourne, et s’éloigne du rivage, vous emportant sans heurt dans les régions brumeuses de l’île. D’abord la brise nocturne soulève vos cheveux, mais quand vous entrez dans la brume, une rosée froide vous entoure et vous ne pouvez plus voir. Vous devez faire confiance au petit bateau, croire qu’il sait où il vous amène, avoir foi dans le passage dans l’inconnu… Et maintenant la brume commence un peu à se lever, puis s’enroule comme un rideau, pour dévoiler la rive de l’île sous la pleine lune. Une femme est là debout, attendant que le bateau accoste… Elle est grande et droite, vêtue d’habits bleus foncés, et le petit bateau vous conduit là où elle attends. Quand vous vous approchez d’elle, elle reste silencieuse et immobile. Son visage est à demi voilé, mais vous pouvez voir dessous des yeux gentils et sages, et elle tend la main en signe de bienvenue. Puis sans un mot, elle vous fait signe de la suivre. Elle vous conduit à travers des pommeraies aux fruits mûrs et aux fleurs épanouies en même temps, tout argentés par la lune. Quand vous atteignez le centre de l’île, vous voyez un bâtiment de bois, bas, le temple au cœur de l’île. Elles vous conduit à travers une petite porte où pend un rideau de petites perles de cristal… A l’intérieur, une lumière d’ambre pâle révèle des bouquets d’herbes et de fleurs suspendus, pour sécher, à des poutres de bois. La dame vous conduit à une paillasse longue, faite, outre la paille, de cuir, et vous vous y allongez. A côté se trouve un petit braséro de cuivre, dans lequel brûle une flamme bleue et dorée… Elle ne parle pas, mais vous sentez qu’elle vous demande de lui faire savoir où, dans votre corps, votre mental ou votre esprit, vous avez le plus besoin de guérison. Et vous y pensez pendant quelques instants…et vous lui faites savoir. Elle cueille un grand panier d’osier peu profond et y prend certaines choses : brins d’herbes, racines, pierres scintillantes…peut-être d’autres choses…et elle les dispose sur vote corps là où il est le plus nécessaire qu’elles aillent, peut-être là où vous lui avez dit qu’il y avait un problème, peut-être d’autres endroits. Remarquez où elle les place…le parfum des herbes…l’éclat chaud de la flamme..sont très apaisants après la froide traversée en bateau, et vous vous sentez dériver dans un état de demi-sommeil, tandis que la dame prend un instrument à cordes et commence à jouer…de temps à autre elle s’interrompt pour jeter une poignée d’herbes pourvoir dans le feu qui pétille un court moment et remplit l’air d’un parfum doux et lourd…et les herbes vous induisent dans un état de rêve, et vous vous demandez à demi si vous entendez la dame chanter…et le temps n’existe plus…et vous dérivez, avec un sentiment de grande douceur, de grande paix. Et après ce qui a pu être un bref moment, une longue période, vous refaites surface, dans l’état de veille, décrivant une remontée en spirale, comme si c’était dans l’eau. Les yeux de la dame vous sourient, et elle vous ordonne de vous lever. Le feu est faible, et une petite brise souffle maintenant par l’entrée basse, agitant le rideau. Elle vous conduit à l’extérieur, et vous avez conscience de vous sentir plus léger, mieux qu’auparavant, comme s’il y avait eu un changement dans la matrice de votre être…une guérison à eu lieu…les premiers rayons du soleil dorent les pommiers, transformant les pommes en or pur… Elle vous reconduit au rivage, où le petit bateau vous attend toujours. Vous remerciez la dame de tout votre cœur, et vous lui dites un tendre au revoir… puis vous montez dans le bateau, et quand vous avez trouvé vote équilibre sur le siège, il commence à s’éloigner. Tandis qu’il s’éloigne de l’île, vous regardez en arrière, et agitez les bras, mais elle n’est plus là, et la brume est alors tout autour de vous et vous ne pouvez plus rien voir jusqu’à ce que vous émergiez de l’autre côté. Et maintenant vous glissez le long de la voie d’or du soleil matinal sur l’eau, et au bout d’un moment, vous vous retrouvez sur le rivage de la terre ferme. Vous descendez, et le petit bateau s’éloigne à nouveau, dans la nuit. Vous inspirez profondément plusieurs fois, et à chaque souffle, vous avez une conscience accrue de votre corps. Maintenant ouvrez les yeux, éveillez-vous pleinement.

Charme de Litha : le talisman de feu (pour tirer énergie et force du soleil)

Il vous faut : - Une bougie rouge - Une bougie blanche - Un clou d’acier - Un disque de cuivre traversé d’un trou - Une cordelette fine longue de 60 cm - Une bougie chauffe plat dans un bocal

Faire ce charme à l’intérieur, dans un cercle tracé dans les règles, avant de sortir pour attendre l’aube.

- Allumer les deux bougies - Avec le clou, gravez sur le disque un cercle divisé par huit lignes se rencontrant au centre et se chevauchant sur le bord. - Tenez le disque dans la main gauche, couvrez-le de la droite et fermez les yeux. Concentrez-vous sur l’image rémanente de la flamme des bougies derrière vos paupières. Visualisez-la passant dans votre corps du plexus solaire dans vos mains, puis dans le disque. - Enfilez la cordelette et prenez le talisman avec vous pour accueillir l’aube. - Placez-le sur une pierre près de la bougie chauffe-plat, qui sera allumée dès que l’aube pointe. Lorsque le premier rayon du soleil frappe le pendentif, levez les bras et dites : Faites s’enflammer le feu sacré à l’intérieur. - Portez le talisman jusqu’au solstice d’hiver.

NB : au cas où vous n’auriez pas de disque de cuivre sous la main, je pense que ce rituel est largement adaptable. Par exemple en prenant comme pendentif une pierre solaire (l’idéal étant une pierre de soleil, mais une citrine ou cornaline feront parfaitement l’affaire). Ou bien un disque d’argile peint couleur or… bref laisser aller votre créativité !

Quelques correspondances

Herbes : millepertuis, armoise commune, verveine, camomille, rose, lis, chêne, lavande, lierre, millefeuille, fougère, sureau, thym sauvage, pâquerettes, œillets, tournesol (traditionnellement on cueille de grands bouquets d’herbes, notamment de millepertuis, le 21 au levé du soleil).

Couleurs : jaune, or, orange, rouge, blanc, vert

Pierres : pierre de soleil, cornaline, citrine… (NB : c’est d’ailleurs le jour idéal pour exposer vos pierres à la lumière du soleil afin de les recharger). Mais également les pierres vertes (aventurine, jade, agate mousse).

Aliments : fruits et légumes de saison gorgés de soleil, miel

Recette : saumon grillé au miel et aux herbes (recette traditionnelle de la veille de la saint-Jean, veille du solstice d’été, en Irlande dans le comté d’Antrim).

- 4 steaks de saumon (darnes) - ¼ de tasse de miel - 1 cc de sel Pour la sauce aux herbes : - 4 cs d’aneth - 4 cs de civette fraîche - 4 cs de persil frais - 4 cs de beurre - Le jus d’un citron

Préparation : - Hachez les herbes menu et versez le jus de citron et le beurre fondu dans une petite saucière. Mettez de côté. - Faites chauffer le miel avec du sel jusqu’à ce qu’il se dissolve - Frottez les darnes de saumon avec le miel et le sel des deux côtés - Griller les darnes sur un gril en retournant une fois pour que les deux côtés soient grillés - Quand le saumon est presque cuit, portez le mélange d’herbes et de beurre lentement à ébullition, en agitant. - Servez le saumon avec la sauce sur les deux côtés

Slaainte an bhraddain ! (« à la santé du saumon ! », toast irlandais)

Sources : "la bible de la magie naturelle", "la bible des charmes et enchantements" de Marie-Ann Gallagher ; "wicca, magie blanche et art de vivre" de Scott Cunningham ; "La bible des fées" de Téresa Moorey ; "vivre la tradition celtique au fil des saisons"  Mara Freeman ; "Les danses sacrées" par Morgane Carmiret

Posté par terrepaienne à 22:34 - Roue de l'année - Commentaires [0] - Permalien [#]

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